Aujourd'hui j'ai décidé de vous raconter notre histoire autour de l'allaitement. Je ne parlerai pas vraiment du fonctionnement (avec les poussées de croissances et tout et tout, car il y a un site vraiment bien fait pour répondre à ce genre de questions qui est celui de La Leche League).

La Leche League France - Allaitement et maternage

Allaitement : notre association est là pour vous soutenir

https://www.lllfrance.org


Non, dans cet article, je vais vous parler de notre histoire personnelle autour d'un tout autre sujet : les allergies alimentaires.  Déjà parce que cela fait toujours du bien de partager un peu ce que l'on a vécu, et ensuite parce que peut-être que derrière votre écran, vous vous trouvez dans une situation similaire et que cela peut vous aider à vous sentir moins seul ;-)


 

Allaiter a toujours été un souhait, une envie profonde et un choix à deux, réfléchi et discuté. Avant l'accouchement, nous avions eu la chance d'avoir des "cours" dispensés par une sage-femme bienveillante et parfaitement renseignée à ce sujet.

A la naissance, notre puce était déjà un petit poids et elle peinait à en gagner. Déjà à partir de ce moment, la balance est devenue notre "bête noire". Les premiers jours à la maternité ont été éprouvants car si au début, il était normal que bébé perde du poids, les professionnels qui nous accompagnaient devenaient de plus en plus insistants. Nous en sommes même venus à peser bébé avant et après une tétée... Autant vous dire que ça n'aidait pas vraiement à destresser, surtout quand la pesée d'après tétée n'était pas "concluante".

Les jours, puis les semaines se sont écoulés et au bout du premier mois, l'allaitement s'est bien mis en place.

A trois mois, bébé faisait ses nuits et avait un rythme de quatre tétées par jour. A l'époque, je ne le savais pas encore mais à cet âge et pour un allaitement, c'était beaucoup trop peu. Puis du jour au lendemain, surprise : bébé a perdu du poids. Elle semblait aussi avoir mal au ventre en permanence depuis quelques temps (on nous parlait alors de "coliques") et l'endormissement devenait de plus en plus compliqué. C'est la boule au ventre que je me suis rendue chez la pédiatre (deuxième professionnelle que nous rencontrions à l'époque) qui m'a lors froidement lâché que le problème venait de mon lait et qu'il fallait tout arrêter. Je ne pouvais pas y croire... J'avais toujours entendu dire que notre lait est parfaitement adapté à notre bébé et j'étais effondrée de penser que ma fille pouvait être aussi mal "à cause de moi".

"Si bébé n'a pas repris de poids d'ici la semaine prochaine, je la ferai hospitaliser".

Ces mots résonnent encore dans ma tête. Je suis alors passée par plusieurs états d'esprit. Tout d'abord, j'ai été effondrée. Puis je me suis sentie en colère d'avoir été si peu soutenue (et encore, c'est peu dire...). Alors avant de prendre une décision, je me suis rendue sur ... internet. J'ai visité différents sites, puis je suis tombée sur celui de la Leche League. Je le recommande fortement car, en plus d'avoir des tas d'articles bien argumentés et appuyés par des études concrètes, il possède aussi un forum sur lequel j'ai pu échanger et avoir le retour d'autres mamans ayant vécu la même expérience... Déjà, on m'a expliqué que bébé ne tétait pas assez et qu'à son âge, elle devrait téter au moins le double ! Aïe... Et là, on m'a mise sur une piste : celle des allergies alimentaires.

J'ai décidé de faire tout d'abord l'éviciton du lait de vache dans mon alimentation, et j'ai appris que les protéines restent jusqu'à quinze jours dans l'organisme ! Mais déjà au bout de quelques jours, ma puce semblait aller un peu mieux.

Pour en avoir le coeur net, une seule solution : faire un dépistage.

Mais prendre rendez-vous chez un allergologue n'a pas non plus été une chose aisée. Partout où je téléphonais, les délais d'attente pour un premier rendez-vous étaient de plusieurs mois. Et puis une amie m'a parlé d'une spécialiste qui consultait en urgence. Je l'ai contactée et miracle : deux jours plus tard, nous avions un rendez-vous !

Et à partir de là, tout s'est décanté. Je crois qu'il s'agit de la première professionnelle (mis à part la sage-femme) qui nous a réellement écouté et qui a respecté le choix de l'allaitement. Elle a fait des tests et le verdict est tombé plusieurs jours plus tard : notre fille faisait une allergie à retardement au lait, au blé et au gluten. Le choc ! Elle nous a également recommandé de diversifier notre puce plus tôt et selon un procédé très strict : pas plus d'un aliment nouveau à la fois durant quatre jours. Elle avait cinq mois à l'époque (contre les six mois d'allaitement exclusifs recommandés par l'Organisation Mondiale de la Santé).

Deux solutions se sont alors offertes à nous : arrêter l'allaitement ou alors faire des évictions de tous ces aliments allergènes et voir comment la situation évolue.

Dans notre entourage, beaucoup de personnes nous ont demandé pourquoi on s'acharnait. "Pourquoi ne pas la passer au lait en poudre ? Ce serait plus simple !". Du lait en poudre, j'en ai acheté, j'ai essayé d'en donner à ma fille qui n'en a jamais voulu et qui avait des hauts le coeur. Et puis non, ce n'est pas "plus simple"... Car il aurait encore fallu lui trouver un lait qui lui convienne, en sachant que le lait dit "hypoallergénique" contient des protéines de lait de vache qui sont "fragmentées" pour être plus digestes, mais qui ne sont pas forcément mieux tolérées. Alors pourquoi m'acharner ? Je n'en sais rien, pour tout vous dire. Je pense simplement qu'en tant que parents et pour des tas de raisons, on a des représentations, des idéaux et on se fixe des objectifs qui nous importent plus que tout. Je crois que c'est ce qui m'est arrivé.

Au bout de deux jours d'évictions du blé et du gluten (en plus du lait de vache, de brebis et de chèvre pour éviter les allergies croisées), miracle ! Notre fille ne pleurait quasiment plus ! Elle s'endormait seule sans problème et lors de ses périodes d'éveil, elle semblait plus souriante et apaisée.


 

A l'heure où j'écris cet article, bébé va sur ses dix mois ! Et elle se porte comme un charme, malgré un petit poids, spécifique aux allergies.

Dix mois d'allaitement, dont cinq mois d'évictions. Et même si ça n'a pas été simple tous les jours (surtout au début, le temps de trouver ses marques), je recommencerais sans hésiter ! Si, si, je vous jure ;-)

Moi qui suis grande amatrice de fromages :), c'est ce qui a été le plus difficile. Mais on s'habitue à cuisiner autrement et même à prendre du plaisir à redécouvrir de nouveaux aliments et de nouvelles manières de cuisiner. Et puis il y a aussi malgré tout une part de fierté de me dire "j'ai bien fais de suivre mon instinct et de ne rien lâcher". C'est aussi pour cela que je tenais à écrire ce looong récit. Être professionnelle ou non ne change absolument rien, lorsqu'on se trouve dans ce genre de situations, on est novice, comme tout le monde ! Mais on apprend à se faire confiance et c'est ça qui est gratifiant.

Alors un mot d'ordre pour finir cet article : Faites-vous confiance et ne lâchez rien ! :)