Angoisse du huitième mois, angoisse de séparation, peur de l'étranger...

Autant de noms donnés à cette période bien délicate que traversent nos bouts d'choux aux alentours de leur sixième à dixième mois de vie environ.        Chez certains enfants, elle peut également passer inaperçue.

Mais alors comment se manifeste t-elle ?

Bébé se cache ou se met à pleurer lorsqu'il se trouve en présence de personnes qu'il n'a pas l'habitude de voir ?

Son comportement a changé au moment des siestes ou du coucher ?

Alors vous êtes sûrement dans cette fameuse période d'angoisse.

J'ai eu beau le savoir et m'y préparer, lorsque c'est arrivé à ma fille, la première chose qui m'a traversé l'esprit est : "Ce n'est pas possible, elle se moque de moi !". Elle qui s'endormait sans peine, la voilà qui se met à pleurer lorsque son papa ou moi quittons la pièce, et qui rit lorsqu'elle nous voit revenir. De quoi s'en trouver destabilisé !

 

  • Pourquoi "au huitième mois" ?

Parce que le cerveau de bébé évolue. Il prend alors conscience qu'il est un être à part entière, séparé de ses parents et de son environnement. Il réalise qu'il peut se retrouver seul et cela devient une source d'angoisse. C'est une étape importante dans son développement, cela signifie qu'il grandit ! :)

 

  • Mais alors, comment réagir ?

Tout d'abord, je trouve qu'en ayant conscience de ce qui se passe dans la tête de bébé, on parvient à mieux se mettre à sa place et donc à être plus facilement patient. Il n'y a évidemment pas de comportement "type" à adopter et il est important de garder à l'esprit que chaque bébé est différent.

Mais on préconise tout de même quelques petites choses.

Premièrement, rester calme. Même si ce n'est pas toujours facile car on peut être soi-même fatigué, préoccupé, etc. Si l'on cède à l'énervement, bébé va fatalement le ressentir et il ne comprendra pas ce qui se passe. Alors cela va devenir un cercle vicieux et plus vous vous énervez, plus il risque d'être difficile à rassurer lui aussi.

Si vous pouvez délèguer, n'hésitez pas à le faire le temps de souffler et surtout, ne culpabilisez pas.                                                                                         Si vous êtes seul(e), respirez un bon coup. Dites vous que ce n'est qu'une passade et que cela ne sera bientôt plus qu'un souvenir. Dites-vous que votre bébé redécouvre en quelque-sorte le monde et que cela constitue un gros changement pour lui. Et il a besoin de vous pour se rassurer. C'est plutôt attachant vu comme cela, non ?

Bon. Vous êtes armés de patience mais bébé rigole en face de vous et se met à hurler quand vous tournez les talons.

La difficulté est de trouver le juste équilibre entre "être ferme" et "être rassurant".

Vous pouvez dire à bébé que c'est l'heure pour lui de se reposer et qu'il en a besoin. Vous pouvez le prendre dans vos bras pour l'aider à retrouver son calme. N'ayez pas peur de lui donner de "mauvaises habitudes". Si vous sentez qu'il peut s'endormir ou se calmer seul, alors essayez ce qui convient pour l'endormissement.

En ce qui concerne ma fille par exemple, cela la rassurait généralement que l'on pose la main sur son ventre.

 

Pour le soir, il peut être intéressant, si ce n'est pas déjà fait, d'instaurer un rituel du coucher : le repas, le bain, une histoire, un câlin et au lit ! (par exemple)

A vous d'essayer ce qui peut convenir et d'observer bébé afin de voir ce qui fonctionne le mieux.

 

Au quotidien, vous pouvez jouer avec bébé à "coucou, me voilà".

Le principe est simple : vous vous cachez derrière vos mains ou derrière un objet et vous vous amusez à faire coucou à votre bébé. Vous allez voir, il devrait apprécier ! En plus d'être amusant, ce petit jeu lui permettra de comprendre la permanence de l'objet, même si il ne le voit plus.

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Quelques petits points "clés" qui peuvent aider :

- Non, parler à bébé n'est pas une chose stupide. Bien au contraire ! Si il ne comprends pas les mots à proprement parler, il comprend l'intonnation avec laquelle vous les dites. Ainsi, il distinguera petit à petit les émotions qui vous traversent.

- Porter son bébé ne le rendra pas dépendant de vous. On dit bien souvent qu'un enfant a besoin de s'attacher pour mieux se détacher. Le porter, le câliner, lui parler tendrement l'aidera à avoir confiance en vous, en lui et à explorer le monde qui l'entoure par la suite.

- Enfin, gardez à l'esprit qu'avant l'âge de deux ans, votre bébé ne fait pas de caprice. Il ne comprend pas encore ou alors depuis peu le "non". Il ne se joue donc pas de vous. Au pire, il "teste" vos réactions afin de se rassurer.